Les mollusques se nourrissent de minéraux,de plancton et les micro-algues en filtrant l'eau de mer. Tout ce qu'ils ramassent n'est pas forçement bon à manger !
Acide domoïque ou démoniaque ?
L’un des micro-organismes responsables de la présence de cette toxine est Pseudo-nitzschia australis, une diatomée. Cette espèce de micro-algue produit l’acide domoïque, qui peut s'accumuler dans les coquillages. Lorsqu'ils sont consommés, l’acide domoïque peut provoquer des troubles neurologiques graves, appelés intoxications amnésiques (ASP). Cette semaine, la pêche à pied aux coquillages a été interdite en Vendée et sur la côte atlantique de la Bretagne en raison de la présence de cette toxine dans les coquillages.
L'augmentation de la concentration de Pseudo-nitzschia australis dans les eaux côtières est en partie liée à l'élévation des nitrates dans l'eau, principalement dus aux pratiques agricoles. Comme l’explique la revue Science et Avenir, la prolifération de cette algue a des causes similaires à celle de la prolifération des ulves, ces algues vertes qui envahissent également les côtes en période de forte concentration en nutriments.
Une saxitoxine pas si sexy
Outre l’acide domoïque, une autre toxine marine bien connue est la saxitoxine, une neurotoxine produite par certains types de dinoflagellés comme la micro-algue (ou plancton) Alexandrium spp., une micro-algue rouge (oui, ces micro-algues qui donnent ces marées rouges, visibles parfois sur le littoral breton). Cette toxine a été utilisée par la CIA dans les années 50 et 60, dans le cadre de la guerre froide. Les laboratoires pharmaceutiques de la CIA avaient réussi à concentrer la saxitoxine à tel point que quelques milligrammes de cette substance pouvaient provoquer une crise cardiaque mortelle. On raconte qu'un pilote de U-2, abattu au-dessus de l'Union Soviétique, aurait eu dans sa poche une capsule contenant cette toxine (source : The NYT, 11 septembre 1975, et Alaska Public Media).
En 1975, le Congrès américain aurait même examiné un dispositif secret fabriqué par la CIA : un pistolet ne tirant pas de balles, mais des fléchettes auto-dissolvantes contenant de la saxitoxine. Lorsqu’une personne était touchée, elle mourait d’une crise cardiaque, sans laisser de trace. Ce procédé furtif a alimenté des rumeurs aux États-Unis, notamment la spéculation selon laquelle le dissident politique Jerry Rubin, co-fondateur du Parti international de la jeunesse, hospitalisé après un accident en 1994, aurait été "éliminé" de cette manière, mourant d’une crise cardiaque sur son lit d’hôpital. Bien sûr, rien de tout cela dans les documents récemment déclassifiés par l'agence.